POP EN STOCK - Vol. 1
Anthologie de la pop française des années 80

Pop Music ? En Angleterre, en Amérique, le mot voulait dire, simplement, musique "populaire"... Au delà des concepts de rock ou de variété, la musique pop, c'était aussi bien les Beatles, Hendrix, Sinatra.

Mais en France... où le Rock and Roll était apparu comme un autre monde, il ne pouvait en être ainsi. Pop musique ? Oui, mais comme dans "Pop-Art". Quelque chose d'avant gardiste et d'aventureux... quelque chose qui ne puisse se résumer à la musique. Pop-Music ? Les Hippies et Hendrix, un jazz moderne joué à la guitare électrique, les expériences lysergiques. La Pop-Music, c'était le fait culturel des années hip. Le reste, le commerce, l'affaire des hits-parades serait, à jamais, la "variété".

"Variété" ce mot si français qu'il n'existe nulle part ailleurs... qui condamna, depuis toujours, les rockers français à choisir entre Art et Commerce, à se complexer par rapport au vrai succès populaire.

L'histoire de cette compilation "pop en stock" est, avant tout, celle de ce choix impossible... Avant ce rock français des années quatrevingt, il fallait choisir son camp. Depuis, nous connaissons des rockers complexés... Daho, Lio ou Bashung ont sû gagner les hits parades sans perdre leurs âmes. Ils ont sû surtout, faire passer - pour le meilleur et le pire - le Rock and roll dans les mœurs et les médias.

Alors "Bop"... mais au sens britannique, comme l'héritage de la mélodie chantournée et de la "variété" de classe, comme l'héritage d'un rock qui soit dans l'air du temps et non plus dans un ghetto...

Comme aux glorieuses époques de Polnareff ou Dutronc, quand des jeunes gens grandis avec Gene Vincent ou Elvis imposaient dans les radios un rock en français, marqué par son époque, sorti de son ghetto d'origine - le Golf Drouot, peu ou prou - mais sans jamais en trahir la flamme.

Les Modern Guy, les Daho ou Taxi Girl... tous avaient grandi avec le punk rock, avaient fourbi leurs premières armes en massacrant sur des scènes de fortune les classiques des Stooges ou des Who.

Le Gibus fut leur Golf Drouot... et souvent ils ne quittèrent le fameux "vécu rock" que le temps d'une chanson... Avant que la réalité ne les reprenne : le rock en France - même labellé "Pop", n'aura jamais sû, c'est tout à son honneur, rentrer dans le rang du succès facile. Il reste un pari difficile, avec des relents de malédiction, ses martyrs.

Entre le punk et la fadeur d'un rock systématiquement vidéo clippé, cette génération poursuivit le rêve d'un rock populaire mais aventureux, encore magique.
Patrick Eudeline

LES CALAMITES
chant, guitare : Odile, Isabelle
basse, chant : Caroline

Un groupe de filles ! Mais qui sonnait comme des Shangri Las relookées modernes plutôt que comme Gogo's ou Bangles. Postérieures à l'affaire « jeunes gens modernes », les Calamités de Beaune étaient issues de ce réseau provincial, comme les Dogs de Rouen ou les Play Boys de Nice, qui se voue depuis toujours à la défense et l'illustration de la tradition du rock and roll puriste. Les Calamités, évidemment, mettaient l'accent sur les Girl's group et l'innocence "spectorienne", ces mélodies imparables dont elles savaient s'inspirer avec fraîcheur. Produites par Chris Wilson des Groovies puis Daniel Chenevez de Niagara, les Calamités méritaient le hit... Mais elles retournèrent vite à leurs chères études. Comme si tout cela, finalement, n'avait pas tant d'importance...



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